A.G. 28 août 2010

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Affiches patchwork


Assemblée Générale 2010 Sub Artésia (exercice 2009)

Conteville en Ternois, le 10 août 2010

BILAN MORAL

Chères amies, chers amis,

Nous vous invitons cordialement à cette 21ème A.G. de notre association, vous priant de bien vouloir en excuser la tenue tardive.

Dans cette "Crise" planétaire, européenne et nationale, le monde associatif vit aussi une crise sans précédent et Sub Artésia n’y échappe pas. De nombreuses associations ont disparu du paysage régional Nord - Pas de Calais ces dernières années et nombre d’entr’elles sont en grandes difficultés financières ou de trésorerie. Ce ne sont pas malheureusement toujours les seules causes. Nombre d’entr’elles sont appelées à disparaître : nous en sommes peut-être !

De même, s’il y a toujours eu de nombreuses fluctuations dans l’engagement associatif, nous sommes tous confrontés, aujourd’hui, au vieillissement de nos membres et à leur désengagement. En parallèle les adhésions sont rares ; l’ambiance délétère de cette "Crise", qui pourtant devrait favoriser l’engagement citoyen et démocrate dans l’essence même de l’esprit et du mode associatif, semble au contraire provoquer le repli sur soi, dans des craintes ou des angoisses bien souvent légitimes.

Pour nous, associations du monde rural, vaste territoire de l’Artois en Pas de Calais, les enjeux sont bien plus aigus et vitaux, face à des problématiques essentielles et majeures : L’étendue et le morcellement des territoires, des collectivités locales (communes et communautés de communes), sans réels moyens humains, logistiques ou financiers, la mutation profonde de nos terroirs et de nos villages, la crise de l’agriculture, le vieillissement des populations, la pauvreté qui croît, pour une ruralité en perte d’identité et qui peine à trouver sa place dans un paysage régional où l’urbain est endémique… Certes, les lignes politiques développées tant par la Région que par le Conseil Général du Pas de Calais, sont nombreuses et souvent pertinentes, mais les moyens et relais locaux sont dérisoires, dispersés et sans moteurs fédérateurs, emblématiques ou identitaires. Phénomène encore plus flagrant, quand certains territoires sont encore ancrés dans "l’esprit SIVOM"… Le "Pays Ternois", en dépit de la compétence reconnue de ses techniciens, est doté d’un "Conseil de Développement Economique", aujourd’hui inopérant dans ses missions légales ou naturelles et réduit aux acquêts : de son propre constat, il n’est plus représenté que par un seul membre, son président, et sans aucun moyen de revitaliser cette structure essentielle… C’est un déficit grave pour notre pays…

Quant au tissu associatif "opérationnel et généraliste", il est devenu quasi inexistant. Sub Artésia reste l’une des dernières associations présentes et actives dans ce cœur de ruralité profonde, sur un très vaste territoire. Elle est confrontée, comme toutes les autres, à l’air du temps, où l’on voudrait voir les associations "engagées" se "marchandiser dans une logique de type entreprise" et entrer dans le jeu des marchés. Les grosses structures, bien qu’en difficultés s’adaptent, élargissent leur champ d’actions et leurs rayonnements territoriaux, par trop souvent déconnectés des réalités, de la connaissance et des enjeux locaux. Leurs implications locales souvent coûteuses (études, conseils, effets d’annonces, etc.), restent presque toujours sans lendemain et stérilisent celles des acteurs locaux identifiés, pour qui la survie en ruralité est déjà bien problématique. Elles développent en outre un esprit nocif de concurrence, incompatible avec l’esprit de la Loi 1901, tout comme avec la philosophie du Développement Durable.

A cela vient se greffer une méfiance bien injustifiée, mais solidement ancrée, d’un certain nombre d’élus ruraux envers le monde et le mode associatif. Nombre de collectivités locales rurales confient encore et par trop souvent des missions diverses et opérationnelles, culturelles, environnementalistes ou autres, à leurs agents territoriaux, stérilisant ainsi l’initiative et le développement associatif. Elles privent dès lors les territoires et les terroirs d’acteurs compétents et identifiés, elles stérilisent par cela le devenir de leurs propres actions politiques, n’ayant plus les relais locaux pour les mettre en œuvre… Il y aurait tant à dire !

Et pourtant les enjeux, dans notre ruralité d’Artois - Ternois, comme pour toute l’Euro-Région de la Craie (Artois - Picardie - Champagne - Couronne Parisienne - Normandie - Hainaut - Kent….), sont majeurs et deviennent cruciaux car intimement liés à la fragilité du substrat crayeux. La Craie (Trame Blanche), pour cette Euro-Région Nord, est le monde et le réservoir des eaux (Trame Bleue) par la nappe phréatique de la Craie, par ses marais et prairies humides, ses sources, ruisseaux, rivières et fleuves côtiers. Ces eaux, par leurs cycles dans la Craie et sur la Craie, seront l’enjeu des prochaines décennies de l’Euro-Région Nord ! Viennent s’y greffer les problématiques du ruissellement, de l’érosion et du lessivage des sols, avec celles bien sûr de la turbidité de l’eau, celles aussi de l’envasement et de la pollution des baies, avec l’impact écologique sur la Mer du Nord. Avec les variations climatiques s’y ajoutent crues et inondations… La nature même de la Craie et les phénomènes karstiques d’infiltration des eaux posent le problème de la qualité de la nappe, tout comme celui de son approvisionnement, approvisionnement crucial pour nous comme pour les générations futures.

La Craie (Trame Blanche) est en interaction constante avec les Trames Bleue (les eaux) et Verte (la biodiversité), dont celles-ci procèdent intimement. La surface de nos plateaux et collines calcicoles est quant à elle directement concernée par l’érosion, tant éolienne qu’hydrolique. S’en suivent des impacts directs, sur l’agriculture, la sylve et les milieux naturels, qui s’en deviennent de plus en plus sensibles. Nos potentiels et patrimoines paysagers sont eux aussi lourdement concernés. Cet ensemble, par le facteur emblématique des Trames Blanche, Bleue et Verte, nous offre une grande part de l’âme et de l’identité de nos terroirs ruraux…

Notre pays rural d’Artois - Ternois, en Cœur d’Euro-Région de la Craie est en outre le "Poumon Vert" de ce vaste carrefour européen. Si l’urbain est "émetteur de carbone", nous en sommes "puits" ou "pompe" de par la nature relativement préservée et omniprésente, de par l’agriculture, mais aussi de par l’essence même de la Craie dans ses phénomènes et échanges karstiques. Tout ce que nous venons d’exposer, dans l’esprit même du "Grenelle de l’Environnement" comme dans la survie de notre région, devrait nous préconiser d’urgence la "SANCTUARISATION" de l’Euro-Région de la Trame Blanche de la CRAIE…

Il nous faut enfin prendre en compte un dernier enjeu : celui de l’identité rurale de nos terroirs, identité essentielle à celle de l’Euro-Région Nord. Si l’Artois - Ternois n’est réduit qu’à sa seule vocation agro-alimentaire (parfois aux dépens même de l’excellence de l’agriculture et de la bio-diversité), à celle de l’émergence de villages-dortoirs de l’urbain, tous les combats seront vains…

Dans cet enjeu, un atout majeur, LA CULTURE, émanation de la "rencontre entre l’Homme et son milieu, son environnement, son cadre de vie, alchimie qui s’est forgée et s’est exprimée au fil des millénaires". La Culture devenue pour nous "Culture Rurale", facette existentielle indissociable de la Culture Euro-Régionale, expression multiple qui se décline en un flirt séculaire entre l’Homme et la Craie d’Artois, ses Eaux et sa Biodiversité. Patrimoines bâtis et architecturaux, historiques et archéologiques ; patrimoines légendaires et mythologiques, gastronomiques mêmes ; panels des compétences, savoir, savoir-faire et savoir-être ; le challenge de la transmission, de la solidarité et de l’intergénérationalité ; patrimoines naturels, paysagers et environnementaux ; patrimoines géographiques et géologiques, patrimoines des eaux, de l’air et du vent, patrimoines-stigmates et témoins de nos guerres… Patrimoines qui enseignent notre passé et peuvent potentiellement contribuer, en conscience, à construire notre "à-venir et notre de-venir".

Nous sommes dans l’obligation de réapprendre qui nous sommes, où nous sommes et la réalité vitale de ce que nous sommes dans l’Euro-Région Nord : monde de la Craie… grenier… poumon vert… réserve de l’eau… pompe à CO2. Riches de tant de patrimoines encore préservés, ce ne sera que par leur connaissance, que par leur réappropriation culturelle, que notre identité se redéfinira. C’est aussi par cette réalité que s’induira la conscience et l’émergence partagée d’une réelle Culture de l’Environnement et de sa mise en œuvre. C’est en cela et pour cela, que dans le mode associatif préservé, en synergie et complémentarité avec les élus/les techniciens/les acteurs/les citoyens, au travers et par les patrimoines si riches de la Craie d’Artois, que nous nous devons impérativement et conjointement d’entrer en une dynamique concertée de Développement Rural, Durable et Soutenable, Equitable et Solidaire. Ce sont là, aussi les enjeux de Sub Artésia.

Pascal CARATO Président Guy FRANCOIS Directeur-Administrateur


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Affiches patchwork

(conception Céline Coquelle et Lionel François)

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